Positions FNI

 

La FNI défend les pratiques collaboratives entre professionnels de santé, mais refuse de les réduire aux regroupements physiques, parfois présentés comme configuration idéale d’exercice suscitant l’engouement des professionnels. Elle s’appuie pour cela sur le fonctionnement et les besoins des infirmiers libéraux tels qu’ils s’expriment très majoritairement, mais aussi sur la nécessité de développer, en tout premier lieu, le partage d’informations.

 

Les thèses développées par la FNI sur les pratiques collaboratives des infirmiers et des professionnels de santé, notamment dans le livre blanc « Horizon 2030 : vision pour les soins infirmiers ambulatoires », se voient confortées et validées par un sondage de grande ampleur réalisé par SCAN Mediforce1 et dont les résultats viennent d’être publiés. En effet, selon leur profession, les acteurs de santé n’ont pas les mêmes habitudes de collaboration ni les mêmes aspirations de regroupement professionnel. Le baromètre des libéraux de santé publié en janvier 20131 vient confirmer une réalité depuis longtemps perçue et expliquée par la FNI, à savoir que les infirmiers sont les professionnels les plus nombreux à exercer regroupés en cabinet avec d’autres confrères : 42% contre seulement 12% des médecins généralistes. Et c’est également cette forme de regroupement qu’ils plébiscitent largement, puisqu’ils sont 63% à envisager de se regrouper en cabinet avec des confrères dans les 5 prochaines années. A l’inverse, là encore, les médecins généralistes sont ceux qui envisagent le plus de se regrouper en maison de santé (37% d’entre eux). C’est une véritable césure entre ces deux professions.

Ce portrait illustre bien la nature différente des aspirations de regroupement. Toutefois, et bien que peu de voix s’élèvent pour représenter ce besoin, 47% des médecins généralistes envisagent dans les 5 prochaines années de se regrouper entre confrères. On voit bien, à l’aune de ces résultats, que présenter la maison de santé comme la configuration idéale d’exercice de tous les professionnels ne reflète pas du tout la réalité des désirs et des projets. Pire, le salariat ne tente aucunement les infirmiers libéraux, ils sont 2% à estimer que c’est un statut intéressant pour eux, c’est-à-dire une extrême marginalité. En moyenne, toutes professions libérales de santé confondues, la forme que prendrait pour eux le regroupement envisagé est en priorité entre praticiens de la même discipline (63% des intentions), la maison de santé s’imposant comme une deuxième solution possible (23%). Il convient donc de relativiser l’engouement énoncé comme un fait établi qui ferait de la maison de santé la solution plébiscitée par les professionnels.

1 Observatoire des professions libérales de santé, Scan CMV Mediforce 2013. Interviews réalisées en juillet 2012 par TNS Sofres auprès de 480 professionnels de santé : généralistes, chirurgiens-dentistes, pharmaciens, infirmiers, kinésithérapeutes, vétérinaires, radiologues et biologistes.