La FNI appelle à un arrêt des soins à partir du 7 mai 2008 pour
lui rappeler ses engagements !
La Fédération Nationale des infirmiers, syndicat majoritaire des infirmières libérales, lance un mot d'ordre d'arrêt des prises en charge des patients sortant de l'hôpital et nécessitant des soins infirmiers à domicile à compter du 07 mai et jusqu'au mardi 13 mai.
Les infirmières libérales viennent de voir confirmer par leur Ministre de la santé, de la jeunesse, des sports et de la vie associative que les augmentations tarifaires négociées en juin 2007 applicables au 1er Aout 2008 sont reportées aux calendes grecques !
Mme Bachelot Narquin, soucieuse pourtant « dans le discours » de revaloriser les soins de premiers recours et de reconnaitre le rôle joué par les infirmières, vient d'indiquer dans une réponse écrite du 22 avril 2008 à l'assemblée nationale, sa volonté de ne pas à honorer le contrat.
Alors qu'elle avait annoncé le 22 novembre 2007 « qu'il serait très injuste qu'une profession qui a déjà fait des efforts en terme de responsabilité soit traitée à la même toise que ceux qui n'ont pas fait d'effort »... et qu'il fallait « raffermir les engagements même dans la perspective d'un dépassement de l'ONDAM de ville... », Madame Bachelot Narquin n'hésite pas à confirmer quelques mois plus tard et par écrit que « les engagements tarifaires conclus par les négociateurs conventionnels resteront « des engagements certains. », mais « Tout au plus leur application sera décalée dans le temps pour mieux assurer la compatibilité de ces revalorisations avec la situation financière de l'assurance maladie » !
L'instauration d'un délai minimum de six mois, mais plus surement de dix huit mois à lire la ministre, relève de l'insupportable en regard des engagements pris et des efforts consentis par la profession dans un contexte de flambée des prix du carburant, et de reprise de l'inflation en général.
Les infirmières libérales absorbent depuis des années et sans broncher les conséquences des diminutions des durées moyennes d'hospitalisation.
Grandes oubliées des Etats Généraux de l'Organisation des Soins, et des revalorisations tarifaires promises et actées dans la convention nationale, les infirmières libérales vont être pourtant fortement sollicitées pour assurer la continuité et la permanence des soins en cette période de nombreux congés
La Fédération Nationale des Infirmiers regrette à nouveau de devoir faire entendre sa voix de cette façon et au détriment des patients. A défaut d'écoute et de reconnaissance, la F.N.I. annonce que cette action n'est que le début d'un mouvement de désengagement des infirmières libérales de la permanence des soins, qu'elles sont de plus en plus souvent seules à assurer.
Faute de dialogue avec le Ministère et de respect des engagements, il ne faudra pas compter sur les infirmières libérales cet été pour faire face, comme elles le font habituellement, à la fermeture anarchique et non anticipée des lits d'hospitalisations.
Fait à Paris le 1ER mai 2008