Prado maternité, la au service des femmes

Une version dématérialisée du Prado permet aux jeunes mamans de bénéficier d’un suivi après l’accouchement, sans intervention sur le terrain de la caisse primaire d’assurance maladie. Ce dispositif à distance est expérimenté à Ussel. L’expérience qui concerne aujourd’hui les sages-femmes libérales donne une bonne idée de ce qui pourrait être appliqué, demain, dans le cadre des coordinations hôpital-ville impliquant des Idels.

Pour bénéficier d’un des programmes Prado de sortie d’hôpital mis en place par l’assurance maladie depuis 2012, les patients devaient recevoir, lors de leur séjour en établissement, la visite d’un conseiller de l’assurance maladie. L’expérimentation d’e-Prado en cours à la maternité d’Ussel en Corrèze (19), petite ville de moins de 10 000 habitants située à près d’une heure de Tulle, change la donne, cette visite n’étant plus indispensable pour que les jeunes mères bénéficient du Prado maternité de retour à domicile. En revanche, dans cette maternité, on croise de plus en plus de mamans tablette à la main. Une tablette qui remplace le conseiller de l’assurance maladie.

Une prise de rendez-vous « automatisée »

Le projet a germé à partir d’une problématique : jusqu’à présent, en l’absence de caisse primaire d’assurance maladie (Cpam), les femmes qui accouchaient à Ussel pouvaient difficilement avoir accès au Prado puisqu’aucun conseiller ne pouvait passer à la maternité pour leur proposer le programme. Pour garantir « l’égalité de traitement » des Usselloises, il fallait trouver comment « déployer le Prado sans déplacer de personnel de la Cpam ». C’est ainsi que la caisse de Corrèze a accouché du e-Prado : « Une présentation du Prado surtablette numérique », résume Catherine Pelletier, directrice de la caisse de Corrèze et chef de projet régional Prado maternité.

Concrètement, comment ça marche ? « Le e-prado se met en place en amont de la visite de la sage-femme chez la maman ». L’étape administrative se retrouve dématérialisée. La sage-femme cadre de l’hôpital d’Ussel – et non le conseiller de la Cpam pour le Prado classique – déclare les patientes qui viennent d’accoucher et qui sont éligibles au Prado maternité sur une tablette réservée à cet usage. Cette opération envoie un mail automatique à la Cpam de Corrèze. L’équipe médicale remet ensuite la tablette à la maman sur laquelle elle peut visionner une vidéo, réalisée par la caisse départementale, qui lui explique ce qu’est le Prado. « Le mini film répète exactement ce que dit le conseiller maladie quand il rencontre les jeunes mamans à Tulle ou à Brive dans leur chambre d’hôpital, précise Catherine Pelletier. Si elle adhère au Prado, alors elle clique sur « OK » et un mail nous est envoyé de façon automatisée. La maman fait ensuite le choix de sa sage-femme, que nous contactons pour fixer les rendez-vous à son domicile. Ces visites surviennent en moyenne dans les 48 heures après la sortie de la maternité ».

Emilie Cailleau