La vice-présidente du parlement européen, l’eurodéputée belge Isabelle Durant, à ce poste depuis 2009 et elle-même infirmière de formation et d’expérience, soutient catégoriquement un seul accès à la formation initiale de la profession, à savoir après 12 années de scolarité. Cet accès est actuellement remis en question par un amendement porté par une minorité de députés allemands dans le cadre de la directive européenne 2005/36 relative à la reconnaissance des qualifications professionnelles. 

Ainsi, un amendement dont le vote s’effectuera le 24 janvier prochain prévoit la création d’une filière de formation initiale des infirmiers par la voie de l’apprentissage, dès l’âge de 16 ans et donc sans le pré-requis du baccalauréat.

Cette disposition, qui modifierait drastiquement la directive 2005/36/CE, inquiète fortement tous ceux qui défendent la qualité et la sécurité des soins infirmiers. Comme le rappelle le Secrétariat des infirmières et infirmiers de l’espace francophone (SIDIIEF) qui a interpellé la Commission européenne à ce sujet, et qui regroupe 660 organisations professionnelles dont la FNI, « le principe d’ouvrir l’accès à la formation en sciences infirmières après 10 années de scolarité représente un retour en arrière particulièrement préoccupant pour la qualité des soins et la sécurité des patients. »

La FNI avait interviewé pour son magazine Avenir et Santé (N°407 d’octobre 2012) la vice-présidente du parlement européen, Isabelle Durant. Elle s’était déjà déclarée attentive aux sujets de santé du fait de sa formation, bien qu’elle ne soit pas en première ligne sur ces questions. En aucune façon, l’eurodéputée ne soutiendra l’amendement qui vise à créer une filière de formation infirmière après seulement 10 ans de scolarité, c’est-à-dire après la seconde. Contactée hier par la FNI, elle a confirmé qu’elle ferait pression sur les députés de son groupe, le groupe des Verts/Alliance libre européenne, en faveur du maintien des 12 années de formation générale préalable.

Pour la FNI, il est capital de refuser la création de cette filière qui irait à l’encontre de l’universitarisation de la profession infirmière, qui se met en place dans tous les pays européens et qui constitue depuis longtemps la règle dans les pays anglo-saxons. La FNI invite toutes les infirmières libérales à interpeller, de toute urgence, leurs eurodéputés en leur adressant le courrier type téléchargeable ci-dessous, contribuant à la mobilisation massive qui permettra d’infléchir ce vote incongru.

 Téléchargez la lettre type aux députés européens