2017 : l’année des infirmières ?

En ce début d’année, la FNI s’est fixée un cap. Parce que le temps des vœux pieux est dépassé. Est venu celui d’affirmer la pertinence de nos contributions… De créer une vraie consultation infirmière et d’abandonner ce terme rétrograde d’auxiliaire médical. 2017 est l’occasion d’un bond en avant pour la profession.

Vous vous souviendrez de l’année 2017. Parce que quoi qu’il arrive, elle sera celle d’un tournant attendu. L’erreur pour les politiques élus en mai 2017 serait de poursuivre la logique engagée par le gouvernement actuel qui a « expulsé les libéraux de la politique de santé » C’est l’économiste Claude Le Pen qui l’a déclaré au 63ème congrès de la FNI. Pour les IDEL, cela se traduirait par le retour à court terme au statut de salarié et d’assistant médical, sauf s’ils revendiquent leur émancipation et l’entérinent lors des prochaines négociations conventionnelles. En ce qui nous concerne, cela suppose aussi de sortir de notre posture ambivalente de soumission/rébellion pour imposer une vision positive et responsable de notre exercice libéral et de nous déterminer clairement.

Le vainqueur de la primaire de la droite a eu le mérite de mettre la santé sur le devant de la scène. Ce sera quitte ou double pour les IDEL qui doivent d’ici les élections se faire entendre, convaincre, faire connaître leurs propositions, avant que les projets des candidats ne soient ficelés. Ce fut tout l’objet du 63ème Congrès de la FNI avec la production inédite d’un programme présidentiel des IDEL 2017-2022. Les lignes sont en train de bouger, des frémissements se font sentir.

C’est ainsi que contre toute attente, tous les représentants des partis invités au congrès ont affirmé qu’ils reprendraient la notion d’infirmière de famille/infirmière référente imaginée par la FNI et l’idée d’accès direct à la consultation infirmière qui fait son chemin. Tant pour répondre à la désertification médicale qu’au besoin de maîtriser les dépenses et de mieux suivre les patients chroniques, la FNI propose de créer trois types de consultation infirmière :

une consultation infirmière de première ligne en accès direct ;

– une consultation infirmière d’urgence en ville (permanence des soins)

– une consultation infirmière de suivi et des patients atteints de pathologies chroniques ou de patients douloureux chroniques.

Depuis 2009, les infirmières à domicile belges sont rémunérées pour une consultation infirmière. Les infirmières indépendantes suisses, ont obtenu en 2015 l’accès direct aux soins relevant du rôle propre qui permet de facturer à l’assurance maladie sans qu’une prescription soit nécessaire. Emboitons-leur le pas !

Le temps est venu de quitter le monde des vœux pieux pour affirmer la pertinence de nos contributions…

Cette émancipation des IDEL va de paire avec la suppression de cette notion d’auxiliaire devenue insupportable parce qu’elle ne traduit pas la réalité des professions qu’elle recouvre. Cette terminologie enkyste l’idée selon laquelle les paramédicaux n’assumeraient que des missions vaguement périphériques à la médecine et seraient des exécutants. La dimension de l’infirmière comme praticienne est ainsi occultée.

Voilà pourquoi le temps est venu d’expédier aux oubliettes le terme d’auxiliaire médical, pour le remplacer dans le code de la santé publique par celui de « praticien de santé » afin de faire justice à la nouvelle réalité de notre profession, mais aussi de celle d’autres professions non doctorantes.

Belle et heureuse année des infirmières !