8 novembre : le ras-le-bol d’une profession !

La FNI s’associe au mouvement contestataire du 8 novembre et dénonce le mépris des tutelles pour la profession infirmière dans son ensemble.

Aucune infirmière libérale ne peut se satisfaire du manque de considération et même du mépris dont elle est gratifiée par le gouvernement. Au quotidien, cela se traduit par un silence assourdissant face aux faits de violence à l’encontre des infirmières libérales, la pression administrative croissante ou encore la création d’un critère sortie précoce après chirurgie pour permettre à l’HAD de s’ériger en porte de sortie obligatoire de l’hôpital au détriment de la relation de proximité IDEL/famille et des finances publiques. Le tout évidemment sans aucune concertation.

De leur côté, les infirmières hospitalières subissent le même type d’affront, aussi lorsque les syndicats d’infirmières salariées ont manifesté leur intention de se mobiliser fortement pour descendre dans la rue, la FNI a fait le choix de les conforter dans leur démarche et s’y associer. Elle apporte ainsi son soutien à la journée de manifestation prévue le 8 novembre prochain.

Pour la profession infirmière, le comble de l’insupportable a été atteint. La vague de suicides intervenue ces derniers mois chez les infirmières hospitalières mettant directement en cause leurs conditions de travail a frappé toute la famille des soignants et aurait dû servir d’électrochoc.

Plus encore, « L’indifférence qui a entouré ces suicides infirmiers est scandaleuse », déclarait il y a quelques semaines Philippe Halimi, professeur de radiologie. Oui, elle est scandaleuse et d’autant plus indécente en miroir de la mobilisation politique consécutive au décès tragique d’un professeur de médecine.

Cette discrimination est également criante en matière de sécurité où les IDE comme les IDEL subissent une montée des comportements agressifs parfois violents sans que cela ne déclenche une vraie convention de partenariat nationale avec les forces de police pour une sécurité renforcée des soignants.

Initié par un collectif de syndicats hospitaliers, le mouvement du 8 novembre porte un certain nombre de revendications que la FNI partage notamment la reconnaissance de la pénibilité des filières soignantes ou encore la suppression de la transposition d’une directive européenne sur les qualification professionnelles*. Cette dernière permettrait à des auxiliaires de vie d’exercer des pans entiers de la profession infirmière mais aussi de créer une sorte de métier intermédiaire entre aide soignant et infirmière tel que des « auxiliaires en plaies et cicatrisation », ou comment soigner au rabais en dépeçant par petits bouts les compétences infirmières.

La FNI s’associe encore à une revendication portant sur une meilleure gestion et revalorisation des ressources humaines. Elle déplore en effet la dégradation des conditions d’exercice et de rémunération subies par les infirmières hospitalières qui les incitent à s’installer massivement en libéral dans un contexte très peu favorable. A l’heure où les structures SSIAD/HAD n’hésitent pas à détourner la patientèle des IDEL à leur profit, où le zonage mérite d’être très rapidement réactualisé, ce flux est susceptible de mettre l’ensemble de l’exercice libéral en tension concurrentielle.
Pour toutes ces raisons et d’autres encore, il est important que les autorités prennent conscience que la profession infirmière n’acceptera plus d’être ainsi maltraitée et qu’elle est capable de s’unir lorsque le besoin s’en fait sentir.

Alors que le gouvernement se prévaut d’agir dans la concertation, l’histoire récente démontre encore une fois le contraire. Nous apprenons en effet que ce mardi 18 octobre, les députés ont autorisé les pharmaciens à vacciner contre la grippe à titre expérimental !
S’il faut pour être reconnu comme un partenaire social se faire entendre dans la rue, soit, nous savons faire. La FNI s’associe à ce mouvement de contestation rassembleur autour de la condition infirmière et de l’avenir du système de santé.

* Projet d’ordonnance relative à la transposition de la directive 2013/55/UE du Parlement européen