Accès partiel aux professions : résister ou mourir

Le ministère de la santé vient de créer une nouvelle gamme de soins : les soins low cost. Concrètement : des soins infirmiers réalisés par des non infirmiers. En ouvrant la voie à l’accès partiel aux professions de santé, le gouvernement cherche à tout prix à créer des emplois au mépris de la qualité et de la sécurité des soins.

Le Gouvernement vient de transposer en droit français une directive européenne relative à la reconnaissance des qualifications professionnelles. L’ordonnance parue au Journal Officiel le 20 janvier ouvre la voie à un accès partiel aux professions de santé. Elle va permettre à des professionnels non infirmiers d’autres pays de réaliser des séquences de soins infirmiers. L’idée de Bruxelles est évidemment de créer des emplois en s’attaquant de façon directe aux professions réglementées.

L’ensemble des professions de santé s’oppose massivement à ce dépeçage des compétences. la FNI, en tête, refuse l’explosion des compétences infirmières qui mettrait sévèrement en danger la sécurité des patients et menacerait évidemment l’équilibre financier des IDEL.
Grosso modo on verrait fleurir des professionnels des pansements simples, des assistants infirmiers, des auxiliaires de santé centrés sur l’éducation, pourquoi pas des aides à la réalisation des glycémies capillaires etc. sans aucune compétence sur la prise en charge globale du patient. Ces intermédiaires auront-ils la responsabilité de leurs actes ? Sans parler des problèmes de maîtrise de la langue ! C’est sûr, il faudra alors un assistant de coordination derrière chaque patient, au risque que cette multiplication mette sévèrement en danger la vie des patients. Mais la France, contrairement à bien d’autres pays européens, a choisi de ne pas protéger les patients et de ne pas assurer le maintien de la qualité des soins pour tous.
Ainsi, malgré le rejet à l’unanimité de cette ordonnance par l’ensemble des organisations représentatives réunies au Haut Conseil des Professions Paramédicales, le ministère a choisi d’ignorer l’avis des professionnels de santé et refusé tout dialogue.
L’ensemble des professions paramédicales dénonce ce texte adopté contre l’avis de toutes les professions de santé !

La FNI exige que les professions de santé soient exclues du champ d’application de cette ordonnance et s’associe à tous les autres syndicats de paramédicaux pour toutes actions nécessaires. Elle refuse de laisser faire ce qui deviendra dans dix ans le scandale du monde de la santé si rien n’est fait pour empêcher cela.

A noter que l’UNAPL (Union nationale des professions libérales), dont la FNI est membre fondateur, condamne elle aussi fermement cette ordonnance et s’associe au combat. « L’UNAPL, qui refuse un tel démantèlement dont les effets délétères ont été sous-estimés, étudie les actions et recours possibles afin de bloquer l’application de l’accès partiel dans le but protéger les clients et les patients envers lesquels les professions libérales ont des devoirs. »