Coopération : les protocoles se ramassent à la pelle

Pendant que certains s’agitent autour de l’hypothétique statut libéral des aides-soignants, des nouvelles délégations de compétences et protocoles de coopération promis aux infirmières libérales depuis plus d’un an tardent à entrer en application.

En décembre, le ministère de la Santé avait lancé plusieurs appels à projets afin d’élargir l’offre de soins en déléguant des compétences médicales aux infirmières. Si l’hôpital était le premier visé, la ville n’était pas oubliée et le ministère envisageait de confier aux Idel, dès lors qu’elles collaborent au sein d’une équipe de soins ou d’une structure (MSP…), le suivi à domicile des patients de plus de 75 ans (y compris en Ehpad) et des personnes handicapées ne pouvant se déplacer au cabinet du médecin. L’infirmier se voyait confier l’élaboration du plan personnel de soins et la possibilité de réaliser des télé-expertises entre infirmier et médecin.

Un décret paru au Journal officiel le 3 février dernier, pris en application de la loi Bachelot (2009), permet aux infirmiers d’adapter la posologie du traitement sur la base des résultats d’analyses médicales pour certaines pathologies dans le cadre d’un protocole de coordination. Hélas, ce texte renvoie à la Haute Autorité de santé le soin de définir les pathologies concernées dans ce protocole. Et elle ne l’a toujours pas fait…

Le 3 mars, un arrêté validait un protocole de coopération infirmier-médecin pour l’intervention des infirmiers libéraux à domicile afin de diagnostiquer et initier la prise en charge de la fragilité des patients âgés. Là encore, stand-by.

Ces trois exemples montrent que, pour l’instant, il ne s’agit que de protocoles de papier. Leur application dans le quotidien des infirmiers tarde. Or la prévention de la perte d’autonomie et le suivi des patients à domicile ne pouvant se déplacer, âgés, handicapés ou atteints de pathologies lourdes, font déjà partie du quotidien et des compétences infirmières. La crise sanitaire a montré combien il était nécessaire et urgent d’améliorer le suivi de ce type de patients. La FNI l’a encore rappelé dans la perspective du projet de loi sur le grand âge et l’autonomie, récemment rebaptisé « Génération solidaire ».

Au moment où les déserts médicaux progressent et où les infirmiers sont parmi les derniers à se rendre quotidiennement au domicile des patients, il est urgent de mettre en œuvre concrètement ces différents protocoles. Au-delà, il est nécessaire de continuer à déverrouiller les compétences infirmières au bénéfice des patients.

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