Des sénateurs communistes ont proposé de rendre l’Ordre infirmier facultatif pour les salariés

Le 10 septembre dernier, mesdames Cohen et David et monsieur Wautrin, membres du Groupe communiste républicain et citoyen, ont déposé un amendement visant à réécrire l’article 30 bis qui a rétabli l’Ordre des infirmiers après sa suppression en première lecture de la loi Touraine à l’Assemblée nationale. L’objet de cet amendement vise à rendre facultative l’adhésion à l’Ordre pour les infirmiers employés par des structures publiques et privées ainsi que pour les masseurs-kinésithérapeutes salariés, s’appuyant sur le fait que cette dérogation existe déjà pour les infirmiers des armées.

Un peu court l’argument des Sénateurs qui justifient l’adhésion facultative des salariés à l’Ordre par l’encadrement « d’un statut et d’une convention collective précisant les conditions d’exercice de leur profession ». Doit-on lire en creux que les Idels sont des électrons libres qui, contrairement à leurs valeureux confrères salariés, exerceraient sans règles ni valeurs ? C’est oublier un peu vite que l’exercice libéral est très précisément encadré par des dispositions spécifiques du Code de la santé publique et par une Convention nationale qui encadre avec beaucoup de précision l’exercice de leur profession.

Recherchez la cohérence d’un ordre facultatif pour plus de 500 000 infirmières salariées, vous ne la trouverez pas. Qui paiera ? Qui sera éligible ? Qui décidera de mesures disciplinaires qui ne s’appliqueront qu’aux seuls libéraux ?…des infirmiers salariés ?…Cet amendement n’écarte pas cette hypothèse. La FNI refuse en bloc le principe discriminatoire d’un ordre obligatoire pour les seuls libéraux introduit par cette initiative des Sénateurs et le fera savoir.