Élargir les compétences infirmières ? Chiche !

Au moment où le Gouvernement cherche par tous les moyens des solutions pour se sortir du bourbier des déserts médicaux et affirmer une politique forte de maintien à domicile, la FNI renouvelle son appel à élargir les compétences de toutes les IDEL.Quelques mesures simples, que la FNI défend depuis plusieurs années, pourraient être intégrées dans le futur projet de loi de santé ou bien introduites de façon réglementaires. En premier lieu, l’extension du droit de prescription des IDEL rendrait de nombreux services aux patients et éviterait d’encombrer inutilement la salle d’attente des médecins généralistes. On pense tout de suite à la prescription des lits médicalisés, de sérum physiologique et de certains antiseptiques et pansements spécifiques, mais aussi à certains examens de contrôle biologique. Ce dernier point permettrait d’intervenir plus rapidement, d’accélérer le diagnostic du médecin et d’éviter certaines hospitalisations. Dans le cas des pathologies chroniques, il serait judicieux, par exemple, d’autoriser les infirmières à prescrire les examens de suivi recommandés par la HAS pour les patients insulino-dépendants dont elles ont en charge le suivi.

De même la FNI souhaite l’instauration d’une consultation infirmière de suivi des patients atteints de pathologies chroniques ou de patients douloureux chroniques, comme c’est le cas dans la très grande majorité des pays de l’OCDE. En outre, une visite infirmière de concertation en présortie hospitalière permettrait de préparer au mieux la sortie d’hospitalisation, en anticipant l’organisation et la coordination des sorties d’hospitalisation avec l’équipe ambulatoire.

Enfin, la FNI prône la reconnaissance du rôle des infirmières dans la pharmacovigilance en les impliquant directement dans le système de surveillance des effets secondaires, et d’améliorer le retour d’information des autorités sanitaires aux déclarants.

Mais ce ne sont que quelques exemples. La FNI avait dressé une liste de propositions très fournies et concrètes à travers lesquelles se dessinait le portrait de la profession en 2030. Il s’agit d’impliquer les IDEL dans la permanence des soins pour pallier le manque de médecins et désengorger les urgences, et de développer la fonction infirmière de coordination des soins.

Parmi les évolutions phares retenons celle de l’infirmier de famille qui, après avoir été adoptée au Sénat en décembre dernier, a été retoquée par la ministre de la Santé. Le syndicat poursuit son travail de pédagogie et va se saisir des opportunités offertes par la discussion autour du projet de loi de santé et du grand débat pour rappeler qu’il serait plus simple de faire évoluer les compétences des IDEL, plutôt que de créer des usines à gaz qui ne résoudront rien aux difficultés actuelles rencontrées par des patients qui ne trouvent plus de médecins traitants !

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