Gestion du médicament à domicile : Prérogative des idel ?

À la Une du numéro d’Avenir et Santé de mars
La question du médicament à domicile : c’est un enjeu de santé publique et un enjeu sociétal et économique avec la gestion des pharmacies de famille. Décryptage.

Iatrogénie et mauvaise observance sont les deux bombes sanitaires du médicament à domicile, d’autant plus que 68 % des Français ne consultent pas de médecin quand ils se sentent malades et préfèrent se soigner avec ce qu’ils ont ou attendre que cela passe.
Un rapport de l’Inspection générale des affaires sociales (Igas) révélait en 2008 que près d’un médicament sur deux n’est pas consommé ! Une gestion plus rigoureuse de l’enveloppe de 20 milliards d’euros dédiée au médicament pourrait permettre d’économiser quelque 11 milliards d’euros sur le gaspillage médicamenteux et les coûts induits par la non-observance estime la FNI.

Or la préparation, la distribution et l’administration (ou PDA) des médicaments font partie des compétences partagées entre les infirmiers et les pharmaciens. Élément central de la tournée quotidienne, pour la FNI la PDA ne saurait être assurée au domicile sans l’expertise des Idel : ce sont eux, en effet, qui vont procéder, dans l’immense majorité des cas, à l’évaluation initiale avant l’administration du médicament au patient.
La FNI propose que le rôle des infirmiers libéraux sur la gestion du médicament à domicile, en coordination avec les médecins et les pharmaciens, soit pleinement et officiellement reconnu. Avec un gisement potentiel d’économie de 11 milliards d’euros et une réelle réponse à l’enjeu de l’observance et de la iatrogénie.


Le médicament en France

  • 3,1 milliards de boîtes de médicaments ont été consommées en France (selon l’ANSM, chiffre 2013), soit 48 boîtes de médicaments par an et par personne !
  • Chaque année, ce sont quelque 20 milliards d’euros de médicaments qui sont remboursés par l’Assurance Maladie.
  • 28 millions de Français suivent un traitement au long cours, 15 millions sont atteints d’une maladie chronique et 9 millions sont déclarés en ALD (affection longue durée).
  • 44 % des Français prennent un médicament quotidiennement (80 % chez les malades chroniques) et 52 % en prennent au moins une fois par semaine (92 % chez les patients chroniques).
  • La moitié des personnes âgées de 75 ans et plus consomment 7 molécules médicamenteuses différentes de manière régulière.
  • 70 % des Français déclarent suivre leur traitement à la lettre, mais 25 % déclarent ne le suivre qu’« à peu près » !

Lire le dossier consacré aux Idel et au médicament du n°471 d’Avenir et Santé actuellement dans les boîtes aux lettres.