Grand âge : cap sur le parcours de santé des personnes âgées

Pour relever le défi du vieillissement à court et moyen termes, la ministre de la Santé, Agnès Buzyn, a dévoilé le 30 mai dernier le contenu de sa feuille de route. Celle-ci s’articule autour d’une priorité donnée aussi bien à la prévention à domicile qu’en établissement

Les actions de prévention de la perte d’autonomie seront ainsi renforcées, que ce soit au domicile comme en EHPAD, avec un soutien en direction de l’habitat inclusif permettant le maintien à domicile. Un plan global de soutien aux aidants sera déployé, qui devrait permettre de mieux articuler vie professionnelle et soutien aux personnes âgées.

L’autre élément central de la feuille de route porte sur l’organisation de la réponse aux besoins croissants de soins médicaux et au financement des établissements.

Ainsi, la feuille de route propose de repenser et faciliter le parcours de santé des personnes âgées, notamment en s’appuyant sur la stratégie de transformation du système de santé qui vise à déployer une organisation territoriale de la santé où les acteurs de soins seraient mieux coordonnés entre eux et où la ville, l’hôpital et le médico-social seraient décloisonnés.

Le Gouvernement souhaite développer les soins sur les lieux de vie de la personne âgée et éviter les hospitalisations afin de retarder la perte d’autonomie. À compter du 1er juin 2018, l’hospitalisation à domicile (HAD) pourra travailler de concert avec les services de soins infirmiers déjà présents au domicile de patients, « avant que celle-ci n’intervienne ». La FNI sera attentive sur le respect de ce point afin que cela ne se traduise pas par une pénalisation de l’activité libérale pour les IDEL.

D’autre part, pour réduire les durées d’hospitalisation et faciliter le retour à domicile, 1 000 places d’hébergement temporaire seront réservées dans les EHPAD. Le nombre des équipes mobiles de gériatrie sera augmenté et la télémédecine, qui permet de limiter le déplacement des personnes âgées, sera développée.

Par ailleurs, les référentiels d’activités de compétence et de formations des aides-soignantes seront revus d’ici mars 2019. L’objectif serait d’impliquer les aides-soignantes dans l’évaluation de l’état clinique et de la douleur du patient âgé. Qu’on soit clair sur ce point, la FNI n’acceptera pas une nouvelle étape dans le démantèlement des compétences infirmières. Il y a quelques mois, le Gouvernement a distribué la vaccination aux pharmaciens et voilà qu’à présent il envisage d’en offrir tout un pan de compétence infirmière aux aides-soignantes ! Cette fois-ci, on franchit un cap inacceptable dans la déqualification de la santé ! La FNI estime que c’est cher payé pour la création des pratiques avancées, qui ne concernera à terme que très peu d’infirmières dans le pays ! Si le plan grand âge comporte de bonnes idées, elles sont mises à mal par des mesures iniques qui risquent d’être prises sans concertation.