Grand âge : les aides-soignantes débarquent en ville !

Dans son rapport qu’elle a remis à la ministre de la Santé, Myriam El Khomri veut booster les métiers du grand âge et entend donner un coup de pouce aux aides-soignants… en leur ouvrant les portes du libéral.

Dans un rapport remis à la ministre de la Santé ce mardi 29 octobre, Myriam El Khomri, ancienne ministre du Travail, prône « une mobilisation générale en faveur des métiers du grand âge » à travers 59 mesures et la mobilisation de 825 millions d’euros par an, pendant 4 ans. Elle pose les contours d’une réforme, traduite dans un projet de loi, qui ambitionne de « réhumaniser » les métiers de celles et ceux qui accompagnent le soir de la vie.

Si le rapport vise à soutenir l’embauche de 18 500 aides-soignants, auxiliaires de vie, assistants médico-psychologiques et accompagnants salariés par an sur la durée en plan, au profit des structures et établissements, il comporte en revanche des dispositions qui vont faire débat chez les IDEL.

En particulier, Myriam El Khomri propose de « régulariser » les « glissement de tâches entre infirmiers et aides-soignants », dans le cadre de protocoles autorisés au plan national et sous condition de formation. De même, elle suggère de faire entrer les accompagnants éducatifs dans le périmètre des personnes habilitées à mettre en œuvre des protocoles de coopération avec les infirmiers. Surtout, il est question d’expérimenter l’exercice libéral de la profession d’aide-soignant dans les zones en situation de sous-densité infirmière.

Enfin, elle invite à reconnaître la pratique avancée en gérontologie en ouvrant la possibilité, dès 2021, d’exercer en tant qu’infirmière de pratique avancée en gérontologie à domicile ou en établissement.

La Fédération nationale des infirmiers est très défavorable au développement de l’exercice libéral du métier d’aide-soignant, en raison de son impact budgétaire potentiel, et n’est pas prête à accepter le transfert de compétences infirmières à ces professionnels. Pour engager un débat constructif sur ce sujet, et convaincre le Gouvernement de faire machine arrière, la FNI a invité Myriam El Khomri – qui a accepté de venir – à son congrès, en décembre prochain. Plus que jamais, ce sera l’occasion de rappeler que l’activité soignante engage des responsabilités et appelle des compétences qui ne sont pas celles des aides-soignantes, et qu’il serait risqué de désorganiser l’offre de soins et la coordination clinique de proximité qui s’installe dans les territoires.

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