HAD : cri de colère d’une IDEL en détresse

Quand on parle détournement de patientèle par l’HAD, c’est une réalité pour grand nombre d’infirmières libérales qui voient leurs patients récupérés en dehors de tout périmètre d’alternative à l’hospitalisation. Le témoignage de Véronique, dont nous tairons le nom et pour respecter l’anonymat est à la fois édifiant et l’expression d’un ras-le-bol généralisé. Quand l’Assurance maladie et nos parlementaires vont-ils prendre conscience de l’impasse financière dans laquelle ces déviances nous conduisent ? Cri de colère d’une infirmière !

« Je vous contacte ce jour car je suis au bord de la crise de nerfs…
Cela fait le 4ème patient que l’HAD nous détourne, en peu de temps ! Sans compter ceux que l’HAD « récupère » sans que nous soyons au courant. Nous n’avons plus aucun appel de patient ou presque ! Mis à part des nursings, nous n’avons pratiquement plus de soins techniques, que les HAD se réservent.
Le dernier en date : un de nos patients dont le traitement est soi-disant hospitalier. Les perfusions doivent donc être pratiquées par une infirmière du service de l’HAD, nous ne serions pas capables d’utiliser des produits…  Que j’ai déjà utilisés par le passé !! Après vérification, j’ai pourtant confirmation que ces deux produits antibiotiques l’Ertapénème (Invanz) et le Meropénème (Meronem) peuvent être utilisés par des IDEL (administration en ville tout à fait possible), preuve encore une fois qu’on nous écarte sans aucune légitimité. Finalement, malgré mon avis défavorable, mon collègue a accepté de suivre ce patient (qui était un de nos patients !) en prenant les soins du matin (pansements complexes et injection), l’HAD se réservant les soins du soir plus rémunérateurs (perfusions !!)
J’ai refusé donc de poursuivre les soins chez ce patient, ce dernier ayant pourtant signalé à la responsable du service de l’HAD qu’il voulait garder ses infirmières. On lui aurait répondu que le médecin spécialiste dermato en avait décidé ainsi et que ça ne pouvait être autrement !!
Récemment une Ide HAD est venue chez un autre de nos patients dont on ne peut pas ( dit elle) s’occuper : pansement complexe et perfusions 2 fois par jour… (trouver l’erreur !!).
Chez ce 2ème patient détourné depuis des semaines, on ne nous a laissé que les HGT à faire …plus exactement à noter car le patient était tout à fait capable de les faire et en plus que 2 sur les 3 car bien que les Ide HAD passaient 3 fois par jour à l’époque ils ne pouvaient en noter qu’un (?)…. en bref ils nous font l’aumône !

Encore un autre patient qui avait des chimiothérapies à surveiller et à enlever nous a été retiré du jour au lendemain. D’un coup, nous n’étions plus capables de nous en occuper s’en être chaperonné par l’ HAD !! Pour celui-là j’ai refusé de continuer les soins dans le cadre de l’HAD qui me semblait complètement inutile, le patient malgré sa pathologie allait bien et ne nécessitait pas de soins plus longs ou plus compliqués !!
Et le 4ème patient c’est en fait le premier quelques semaines plus tôt, que nous avons dû partager avec l’HAD car il avait un VAC qui ne peut être utilisé que sous couvert HAD, paraît-il, et par des Ide HAD !! Les pansements complexes ont été réalisés par l’HAD …et nous on a eu le « droit » de faire la toilette !
Tout ceci est vraiment écœurant, nous sommes en train de mourir à petit feu !

« Véronique, une IDEL en détresse »