HAD/SSIAD : une coopération qui repose sur l’ubérisation des IDEL

Pour booster une hospitalisation à domicile (HAD) en berne, la ministre de la Santé avait promis de formaliser la coopération entre cette dernière et les SSIADLa promesse a été faite lors du dernier congrès de la Fédération nationale des établissements d’HAD (FNEHAD), et hélas cautionnée par la présence d’un syndicat infirmier concurrent qui a pour habitude une certaine proximité avec la dite fédération. Depuis le 2 juin, date de la parution des textes au Journal officiel, HAD et SSIAD disposent désormais d’un cadre permettant leur intervention commune.

Jusqu’alors, les deux structures n’avaient pas la possibilité de prendre en charge concomitamment un même patient. Au prétexte d’éviter les ruptures de parcours, ce sera désormais possible. En termes d’organisation, c’est l’HAD qui coordonnera les soins infirmiers et rédigera le protocole de soins en collaboration avec le SSIAD ou SPASAD. Le dispositif permettra de capter encore un peu plus la patientèle des infirmiers libéraux tout en utilisant ces derniers comme variable d’ajustement sur les plages horaires les plus contraignantes.

Pour la FNI, cette disposition est un cadeau de plus fait à l’HAD pour l’aider à gravir une nouvelle marche dans l’ubérisation des IDEL, puisqu’il faudra bien qu’en bout de chaîne, des professionnels assurent le soin après du patient.

Sauf que ce dispositif multiplie les structures et les intervenants ce qui se révèle particulièrement coûteux pour la collectivité. La FNI estime que les « circuits courts » restent les plus efficaces et les plus efficients d’un point de vue budgétaire. Au lieu de créer une coûteuse usine à gaz pour finir par sous-traiter les actes aux infirmiers libéraux, il aurait été préférable de faire directement appel à ces derniers.

Des solutions comme inzee.care, la plate-forme élaborée par la FNI mise gratuitement à disposition de toutes les IDEL par le canal des URPS, existent et permettent de proposer des réponses de prise en charge en temps réel, en sortie d’hospitalisation.

Moralité : une fois de plus, le gouvernement et les pouvoirs publics favorisent les dispositifs hospitaliers plutôt que les libéraux, qui sont finalement ceux qui poussent le wagonnet au fond de la mine. On ne peut que regretter le manque de lucidité des Pouvoirs publics sur ce dossier et le dénoncer tout en proposant des alternatives comme le fait la FNI.