Quand la HAS invente l’injection à sec !

Depuis le mois d’octobre, le CLAMOXYL © 1g IM/IV est délivré sans solvant. De nombreuses infirmières et infirmiers se sont heurtés depuis à cette situation ubuesque dans laquelle une injection à préparer est prescrite sans solvant …. En l’absence de prescription de solvant, les IDEL seront-ils conviées par le ministère à improviser ?

C’est le Comité européen des médicaments à usage humain (CHMP) qui, pour des raisons de toxicité, a demandé la suppression du solvant à base d’alcool benzylique permettant alors la préparation extemporanée de l’injection. Cette demande a été suivie d’un avis positif de la commission de la transparence (Haute Autorité de Santé) au mois d’avril dernier.
Aujourd’hui, de nombreux IDEL ont la désagréable surprise de constater, au moment où ils s’apprêtent à réaliser l’injection, qu’ils ne disposent que de la poudre d’amoxicilline.

Le Vidal indique clairement que par voie IM, la dissolution doit être réalisée (sur la base de 1 g d’amoxicilline) par 5 ml d’eau pour préparation injectable (EPPI).

Or, la réglementation et les jurisprudences sont claires, il est illégal d’injecter tout produit qui n’aurait pas fait l’objet d’une prescription médicale en bonne et due forme, ceci est vrai même pour l’eau !

Sans compter que l’eau pour préparation injectable n’a jamais fait partie du “petit matériel nécessaire à la réalisation de l’acte facturé” (arrêté du 13 avril 2007) que doit fournir l’IDEL au même titre que les aiguilles et seringues…

En conséquence, les infirmières et infirmiers qui utiliseraient de l’EPPI sans prescription s’exposeraient en cas de problèmes à des poursuites pour exercice illégal de la médecine !

C’est donc bien d’un transfert des risques vers les IDEL auquel nous assistons, la HAS, l’UNCAM et le ministère se sont protégés vis-à-vis du Comité européen des médicaments à usage humain (CHMP) en plaçant les IDEL appelés à réaliser les injections en l’absence de solvant prescrit devant un choix cornélien : refuser de réaliser l’acte ou se mettre en infraction avec la Loi et les conséquences possibles que cela induit.

La FNI a interpellé vigoureusement le ministère sur le sujet, nous ne manquerons pas de vous faire part des réponses qui nous seront apportées. En attendant, la FNI conseille vivement aux infirmières et infirmiers de s’abstenir d’injecter le Clamoxyl en l’absence d’une prescription médicale formelle du solvant approprié.