La maison de santé victime d’elle-même: elle n’attire plus les professionnels !

Alors qu’on nous vante le modèle de la maison de santé pour revitaliser les territoires et rendre plus attractif l’exercice, c’est bien le concept même qui est remis en question. Comme à Nogaro dans le Gers où les charges de structure sont tellement élevées qu’il n’y a pas de successeur à l’horizon de 5 ans !

La maison de santé située dans le Gers, à Nogaro a tout pour être l’un des fleurons du premier recours. Ouverte au public depuis le 31 mars 2014, elle est également maison de santé universitaire (MSU) au titre de quoi elle a perçu une subvention de l’ARS de 50 000 euros en 2015. Beaucoup de médecins vont partir en retraite dans les prochaines années et déjà l’inquiétude grandit pour leur trouver des remplaçants. Pourtant, cette maison de santé a tout pour faire rêver les jeunes professionnels d’aujourd’hui, nous dit-on : le travail en équipe, les pratiques innovantes, le confort de travail, des horaires compatibles avec la vie de famille, etc.

Mais qu’est-ce qui coince donc ? Il se trouve que financièrement, le modèle n’est pas tenable. En particulier la lourdeur des charges va considérablement freiner l’arrivée de nouveaux médecins.

C’est la journaliste Catherine Le Borgne pour le site d’information egora.fr qui a révélé cette information. Le montant des charges s’élève à 15 000 € mensuels, acquittés à 52 % par les 5 médecins. Selon Elisabeth Dupuy-Mitterrand, maire de Sion et présidente de la Communauté de communes du Bas-Armagnac (CCBA), cette problématique est très inquiétante pour nos communes vieillissantes et très rurales. « Et pourtant, on en construit partout en France, alors qu’elles risquent d’être à moitié vides ».

La FNI se sent moins seule… Ce contre quoi elle alerte les autorités et prévient les professionnels depuis des années se produit. Oui, la maison de santé échoue à ce pour quoi elle s’érige en réponse à la désertification. Et le cas de Nogaro n’est vraisemblablement pas un cas isolé.