Les futurs assistants médicaux auront des missions distinctes des IDEL : la FNI entendue !

Alors que l’assurance maladie se prépare à financer le recrutement d’assistants médicaux pour les médecins, la FNI est parvenue à obtenir que les fonctions exercées par ces futurs salariés des médecins n’entrent pas en concurrence avec celles des IDEL. Les assistants médicaux auront «des missions propres » distinctes de celles relevant des autres catégories de métiers, c’est écrit noir sur blanc dans le projet d’accord soumis aux médecins. Explications.

Le 18 septembre 2018, la création d’un nouveau métier, l’assistant médical, faisait partie des mesures phares du plan « Ma santé 2022 » présenté par le président de la République, Emmanuel Macron. L’annonce a suscité des réactions méfiantes du côté de la profession. La FNI s’est, à juste titre, interrogée sur l’intérêt de ces futurs assistants aux contours flous. Certains syndicats médicaux se voyaient déjà organiser le recrutement de « petites mains » infirmières dans les cabinets médicaux. Tandis que d’autres, jugeant les infirmiers surqualifiés (et aussi du coup trop chers à l’embauche !), visaient simplement le recrutement d’un personnel administratif pour les décharger des paperasses, qui les submergent et accessoirement les aider à gagner du temps dans leur consultation.

La dernière séance des négociations entamées en janvier entre les syndicats médicaux et l’assurance-maladie sur les modalités de financement de ces futurs assistants a eu lieu ce mercredi 17 avril. Le projet d’avenant dévoilé à cette occasion permet de cerner les missions de ces futurs collaborateurs. Le texte précise que « les fonctions exercées par l’assistant médical, qui sont des missions propres, doivent se distinguer de celles relevant des autres catégories de métiers. » Preuve supplémentaire que la FNI, qui avait agi auprès de l’assurance maladie, mais aussi des syndicats médicaux, à ce sujet, a été entendue : le texte stipule encore que « s’il est possible qu’une infirmière se voit confier la fonction d’assistant médical et, à ce titre, puisse réaliser un acte relevant de son champ de compétence, cela ne peut s’envisager que ponctuellement et dans le cadre d’une consultation médicale, sans qu’il s’agisse de développer ainsi une activité courante de soin infirmier qui relèverait d’un exercice professionnel propre ».

Quel que soit le profil de la personne recrutée en qualité d’assistant médical (profil soignant ou administratif), ce dernier devra être doté d’une qualification professionnelle ad hoc, qui sera obtenue à l’issue d’une formation spécifique, dont le contenu et la durée seront déterminés dans le cadre de la convention collective des personnels des cabinets libéraux. Cette qualification est donc à bâtir.

Les assistants médicaux, dont la vocation consiste à dégager du temps médical, devraient assurer des missions relevant de trois domaines : des tâches de nature administrative, des missions en lien avec la préparation et le déroulement de la consultation et de préparation de la consultation et enfin, des missions d’organisation et de coordination avec les autres acteurs intervenant dans la prise en charge des patients.

Pour l’heure, les syndicats de médecins se montrent très réticents face aux conditions que leur fait l’assurance-maladie pour financer ces futurs emplois. Ces derniers estiment notamment que la CNAM commet une erreur en écartant les médecins exerçant en solo de ce dispositif, ou en leur imposant des contraintes trop fortes, ce qui revient au même.

En conclusion, à l’heure où nous bouclons cette newsletter, il est encore difficile de savoir si cet accord sera validé. Mais qu’importe. Même si les médecins refusaient les conditions de financement que leur propose l’assurance-maladie, et qu’aucun de leurs syndicats ne signait l’avenant proposé, une chose est acquise : le périmètre du métier des futurs assistants médicaux est désormais défini. Le scénario catastrophe, un temps redouté, avec des infirmiers salariés des cabinets médicaux, et l’émergence d’une concurrence frontale sur les actes des IDEL, est, pour le moment, écarté.