Quand l’HAD s’érige en porte de sortie de l’hôpital, réagir !

La loi santé est en train de produire ce pour quoi elle a été conçue, à savoir mettre à l’écart les libéraux pour les rendre marginaux et permettre à l’hôpital de « prendre les marchés » de la ville.
Cela commence déjà sur le terrain. Face à cela, deux moyens de résister : s’organiser et produire de la qualité.
De plus en plus, l’HAD vient se substituer à des prises en charge libérales pour des actes qui ne relèvent pas de ses missions, le plus bel exemple étant la récupération rapide après chirurgie (RRAC). « Il n’est pas rare que des patients nécessitant de simples pansements se retrouvent dans le RRAC. De ce fait, demain toute personne qui va sortir de chirurgie pour une ablation de fils passera par la filière HAD qui s’érige en industrie nouvelle », a dénoncé le président de la FNI, Philippe Tisserand, devant les porte paroles des partis politiques venus débattre avec les syndicats majoritaires à la journée de rentrée du CNPS *.

Ce qui s’est passé ces mois derniers en Bretagne est emblématique de la volonté politique de développer l’HAD à tout prix. Alors qu’un projet de réhabilitation rapide après chirurgie émerge sur le territoire de Lorient, les libéraux ne sont pas sollicités. Alertés par la FNI, ils se coordonnent et proposent de s’organiser au niveau interprofessionnel pour mettre en place une plateforme territoriale libérale et faire à l’Agence régionale de santé des propositions très concrètes. Ce à quoi l’ARS répond en plein mois d’août en prenant la décision de confier purement et simplement le projet à l’HAD de Lorient, fin de la concertation.

Que faut-il comprendre ? Que confier ce retour à l’HAD est une décision politique. La gravité de cette exclusion a fait réagir la FNI ainsi que la Conférence Nationale des Unions régionales des professionnels de santé – médecins libéraux (CN URPS-ML) qui réclament le respect du décret du 4 juillet 2016 stipulant que la priorité est donnée aux initiatives libérales.

La chirurgie est devenue le premier enjeu en ambulatoire avec le développement de la réhabilitation améliorée après chirurgie (RAAC). L’HAD a pris un temps d’avance en créant un nouveau critère d’inclusion : sortie précoce de chirurgie, une façon pour elle de se positionner en porte de sortie obligatoire de l’hôpital et de récupérer ainsi tous les patients quel que soit le niveau de soins requis. Encore une preuve d’un choix politique idéologique pour le tout structure quelles qu’en soient les conséquences pour les Français, pour le système de santé et pour les finances publiques.

Face à cela, la FNI ne reste pas sans réagir. Et vous accompagne pour résister. Il n’y a que deux moyens à votre disposition pour continuer à assurer la prise en charge des sorties précoces et ainsi de contribuer à l’efficience du système de soins.
Ces moyens sont :
– L’organisation d’une part : cela suppose de se constituer en équipe de soins de premier recours, c’est-à-dire de formaliser un projet de soins avec au moins les médecins généralistes et pharmaciens de son secteur pour présenter une alternative libérale « organisée » ;
– La qualité, d’autre part : il est clair que pour lutter à armes égales avec les structures et avoir de solides arguments face aux usagers et à l’Assurance maladie, l’engagement des cabinets dans une démarche qualité est de nature à contrebalancer l’appétence naturelle pour les structures.

C’est à la portée de chaque IDEL de satisfaire ces deux critères et ainsi de rendre l’offre libérale aussi attractive que l’HAD aux yeux de l’hôpital, des usagers et de la Caisse d’Assurance maladie.

  • Journée de rentrée du Centre national des professions de santé le 7 octobre “Les libéraux font campagne pour un système de santé rénové”