Infirmières oubliées du plan santé : mobilisation générale le 20 novembre !

Le Plan Santé 2022 présenté par le Président de la république, le 18 septembre dernier, a dévoilé une vision médico centrée de l’organisation des soins et ne donne aucun moyen aux infirmières pourtant en première ligne pour relever le défi de la transformation du système de santé. Dans ce contexte, la profession a décidé de réagir à travers une mobilisation dans les régions le 20 novembre. Explications.

Alors que, depuis plusieurs mois, les négociations conventionnelles sont en panne, les infirmières et infirmiers libéraux n’ont rien vu qui les concerne dans le projet de budget de la Sécu pour 2019. De plus, le plan « Ma Santé 2022 » a totalement fait l’impasse sur la profession et le rôle qu’elle pourrait jouer pour développer l’accès aux soins, notamment dans les déserts médicaux, pour devenir le pivot des soins de proximité.

Mais, si aucun moyen supplémentaire n’est fléché en direction d’une profession libérale de santé qui rend de nombreux services sur le territoire au chevet des patients, le Gouvernement a, en revanche, su trouver des financements pour les différents « gadgets », plus efficaces pour sa communication que pour réellement améliorer des prises en charge sur le terrain.

Les IDEL savent faire les calculs et ont bien vu que les énormes budgets publics que nécessiteront les créations d’emplois comme les assistants médicaux, principalement dans les centres de santé et les postes administratifs destinés à faire tourner des CPTS gigantesques, seront financés au détriment des soins et spécialement des soins infirmiers.

Le ministère de la Santé reste totalement sourd aux revendications de la profession concernant, notamment, le développement du rôle propre infirmier qui permettrait d’accroître le champ d’action et l’autonomie de l’ensemble des IDEL, apportant ainsi une contribution plus efficace et immédiatement disponible à la prise en charge des soins de proximité et des soins non programmés sur l’ensemble des territoires. Il est incompréhensible que les compétences infirmières puissent ainsi rester sous exploitées.

La colère gronde dans les rangs des IDEL, qui n’acceptent pas d’être ainsi la seule profession tenue à l’écart d’une réorganisation du système de soins. Personne ne comprend ce qui motive le ministère de la Santé à faire l’impasse sur les IDEL, qui sont pourtant les derniers professionnels de santé à se rendre chaque jour au domicile des patients.

Face à cette situation inacceptable, la FNI et 12 autres syndicats infirmiers libéraux et hospitaliers lancent une journée nationale d’action le 20 novembre prochain sur le thème #InfirmièresOubliées.
Pourquoi un mouvement commun libéral et hospitalier ? En faisant la jonction des luttes au-delà des statuts, la profession affichera un bloc uni et déterminé pour faire entendre nos revendications au Gouvernement.

Afin de montrer au Gouvernement que les infirmières et infirmiers libéraux sont des acteurs de proximité, le théâtre de la mobilisation serait régional et prendrait la forme de rassemblements devant les préfectures, ambassades locales du Gouvernement.

Voir le communiqué.

© illustration :  CocktailSanté