Mobilisation infirmière : l’impulsion est donnée !

Quelques vingt-cinq lieux de rassemblement dans toute la France dont un devant le ministère de la Santé à Paris, une très belle couverture médiatique, des Idel mobilisées, des infirmières hospitalières empêchées de manifester par leur direction d’hôpital… et le mépris du gouvernement. La mobilisation du mardi 20 novembre contre le plan Ma Santé 2022, qui prétend faire progresser l’organisation des soins de premiers recours sans mettre les infirmiers au centre du dispositif, confirme l’aveuglement et le mépris du gouvernement pour la profession. Un gouvernement qui parie sur une simple « saute d’humeur » des infirmières et qui fait tout pour radicaliser la démarche de la profession.

Avec cette action du 20 novembre, les infirmières ont fait la preuve de leur capacité à se mobiliser sur tout le territoire pour donner de la voix et se faire entendre de la population. La couverture médiatique de l’événement a été excellente et de bonne qualité, à la fois dans les médias régionaux et nationaux. La FNI remercie toutes celles et ceux qui se sont mobilisés et l’Ordre qui a appuyé le mouvement.

Malgré une conjoncture difficile, liée aux intempéries et aux difficultés de circulation, cette journée est un succès… qui en appelle d’autres. Car ce 20 novembre constitue clairement un tour de chauffe et non une « saute d’humeur », comme le dit avec mépris le ministère, qui cherche à minimiser l’ampleur du malaise infirmier.

La FNI et les membres du collectif ne lâcheront rien. La demande d’audience au Président de la République est une main tendue par la profession, une dernière chance de dialogue donnée à l’exécutif avant le durcissement des actions. En effet, la ministre de la Santé a gâché l’occasion de nouer une discussion de fond avec un collectif fort de propositions et de demandes claires et constructives.

Pour les infirmières libérales, le renvoi par le gouvernement aux seules négociations conventionnelles qui vont se rouvrir en le 4 décembre prochain ne suffit pas.  Aucun fléchage budgétaire particulier dans le projet de Loi de Financement de la Sécurité Sociale 2019 ne garantit la prise en compte d’actes nouveaux dans ces négociations conventionnelles. La réouverture de ces négociations promet d’être chaude…

L’inscription de la profession dans ses missions renforcées dans le cadre de la Loi Ma Santé 2022 est également une priorité pour la FNI. Les mesures conventionnelles devront accompagner le rôle des infirmières libérales dans des missions de service public qui doivent être reconnues par la loi. Le premier test arrivera vite. Les sénateurs viennent d’introduire dans le budget de la Sécu pour 2019 – contre l’avis du gouvernement – l’expérimentation de l’infirmier de famille portée de longue date par la FNI. Cette mesure permettait de donner du corps à une coordination rapprochée autour du patient entre le médecin traitant, l’infirmier de famille et le pharmacien référent. Reste à savoir si le gouvernement la fera supprimer par les députés lorsque le texte reviendra devant l’Assemblé nationale la semaine prochaine.

Un conseil : restez informés et restez mobilisés avec la FNI !

*Aux rassemblements « officiels » devant les 17 préfectures de région, il convient d’ajouter quelques rassemblements spontanés dans d’autres lieux.

Le communiqué du collectif du 20 novembre