Recertification : Quand l’Ordre est plus royaliste que le roi

Comme les autres Ordres professionnels, l’Ordre National des Infirmiers (ONI) a été auditionné par les rapporteurs du projet de loi relatif à l’organisation et à la transformation du système de santé porté par Agnès Buzyn. C’est dans ce cadre que l’ONI a déposé des propositions d’amendements.

Le quatrième amendement initié par l’Ordre propose « d’instaurer la certification et la valorisation périodique pour tous les professionnels de santé, et pas seulement pour les médecins. »

La recertification existe dans de nombreux pays, notamment pour les médecins, comme le souhaite le gouvernement. C’est un processus qui vise à instaurer une mise à jour et un contrôle des connaissances théoriques et techniques du professionnel. Dans certains pays européens, cette procédure périodique conditionne la possibilité d’exercice, en cela on peut la comparer à l’accréditation dont font déjà l’objet les structures hospitalières et les laboratoires d’analyses et de biologie médicales dans notre pays.

La Fédération Nationale des Infirmiers avait anticipé l’accompagnement des professionnels dans la démarche qualité en créant Qual’idel, labellisation privée réalisée par un organisme indépendant. D’ailleurs, les masseurs-kinésithérapeutes s’en sont inspirés pour créer Quali’Kiné. Ces démarches ont été créées par des professionnels pour des professionnels, ce sont de véritables référentiels pour s’engager dans un processus continu d’amélioration de la qualité et construire un exercice sécurisé tant pour les professionnels que pour les patients.

Néanmoins entre labellisation et recertification, il y a un pas sur lequel la profession doit se positionner : car la recertification, cela peut être la remise en cause des examens et du diplôme acquis ! L’article 3 du projet de Loi habilite le Gouvernement à légiférer par ordonnances afin d’introduire le dispositif de recertification des professionnels de santé. Cette manière de légiférer laisse peu de place au débat d’idées et à la concertation. Il est donc très risqué à notre sens de signer un chèque en blanc au gouvernement avec cet amendement.

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