Une ministre ne devrait pas dire ça … (Communiqué de presse)

Paris, le 27 septembre 2018
COMMUNIQUÉ DE PRESSE

Un reportage diffusé dans l’émission C Politique sur France 5 suit la ministre de la Santé dans les coulisses du ministère après l’annonce du Plan Santé. Avec l’un de ses collaborateurs, elle se félicite des « très bons retours » obtenus sur BFM. Ensuite, elle évoque les différentes réactions et termine en disant : « Après tu as des infirmières qui te parlent de la revalorisation mais… ». La ministre ne termine pas sa phrase mais lève les yeux au ciel de façon éloquente.
(Voir l’extrait ici https://twitter.com/MaximeLeGall/status/1044339270369062913?s=09).

C’est la deuxième fois que la ministre réagit de cette façon. À Rouen, le 5 avril dernier, même haussement de sourcils lorsque des infirmières ont osé interpeller le Président de la République qu’elle accompagnait lors d’un déplacement à Rouen
(Voir la vidéo : https://twitter.com/i/status/1044699737365131265).

Ces deux « coïncidences » sont pour le moins troublantes et interpellent la profession au moment où les négociations conventionnelles portant sur la revalorisation des actes infirmiers sont au point mort.

La ministre qui tarde à donner suite aux demandes de rendez-vous des syndicats infirmiers, est-elle à l’origine de ce blocage ? Est-elle en train d’exprimer à travers ses haussements de sourcils, qui ressemblent à du mépris, que les infirmières et infirmiers ne méritent pas de voir leurs actes revalorisés, qu’ils ne méritent pas d’être entendus dans la République ni dans la démocratie sanitaire ?

La FNI n’a pas connaissance de l’existence d’un contentieux antérieur entre la ministre et la profession pouvant motiver une telle attitude. Mais quoi qu’il en soit être ministre de la République oblige… et une ministre ne devrait pas dire cela. Une clarification est nécessaire, urgente.

La FNI demande d’urgence à la Ministre d’instaurer un dialogue avec les 120 000 infirmières et infirmiers libéraux qui, grâce à leur implantation au cœur des territoires et leur mode d’exercice au domicile des patients, sont la pierre angulaire de l’organisation territoriale des soins. Pour rappel, ils réalisent 780 millions d’actes par an pour plus de 11 millions de bénéficiaires, assument une large part de soins non programmés et prennent en charge les sorties d’hospitalisation sans file d’attente. Les IDEL sont indispensables à la mise en œuvre d’une réforme du système de soins qui ambitionne de se construire autour du domicile.

La FNI est prête à y travailler, pour peu qu’on veuille bien accorder le respect et la considération que l’on doit à la profession infirmière, comme à l’ensemble des autres professions de santé.

Contact presse
Fédération Nationale des Infirmiers : 01 47 42 94 13

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