Vers un New Deal des fondamentaux de la profession infirmière ?

Le Haut conseil des professions paramédicales (HCPP) a confirmé l’ouverture des travaux destinés à actualiser le décret infirmier avec, évidemment, comme visée, une revalorisation globale de la profession. Autre chantier en perspective, la réingénierie du diplôme d’État d’infirmier. Le tout dans un contexte général de redistribution des cartes et des compétences entre les différentes professions de santé, chacune s’efforçant de défendre ses acquis et, mieux, de les étoffer. La FNI, elle, plaide pour un réaménagement global et concerté pour éviter les conflits improductifs.

Réviser le décret infirmier et donc consolider le contenu du métier socle pour qu’il épouse la réalité du rôle effectivement assumé par les Idel, en particulier dans le cadre de la coordination clinique de proximité et du triptyque socle de l’Équipe de soins primaires (ESP), tel est le credo de la FNI.

Et ce alors que la profession doit composer avec une entreprise de revalorisation du métier d’aide-soignant. Le Haut Conseil des professions paramédicales (HCPP) a d’ailleurs récemment adopté un projet d’arrêté dont la finalité est de revisiter, en le majorant, le référentiel métier et la formation de cette profession. « L’objectif de cette réingénierie est de répondre aux besoins de la population vieillissante en assurant une meilleure prise en charge des personnes âgées et de leurs pathologies mais également de valoriser la profession d’aide-soignant », est-il précisé. Le changement de paradigme est énoncé : l’aide-soignant « n’est plus un simple exécutant mais participe aux soins apportés aux patients ». A la clef et en amont, un cursus densifié de douze mois au total qui se décomposera en deux périodes de vingt-deux semaines chacune, l’une consacrée aux enseignements théoriques et l’autre à la clinique.

Une stratégie de gagne-terrain qui s’avérerait contre-productive

Cette évolution de la profession d’aide-soignant fait légitimement craindre que cette extension de leur champ de compétence qui ne dit pas son nom se fasse aux dépens du métier socle infirmier. Soit en empiétant sur celui-ci et en autorisant les aides-soignants à effectuer des actes qui étaient jusque-là l’apanage des Idel ; soit en habilitant les aides-soignants à agir en autonomie et donc plus sous la responsabilité d’un Idel.

Pour prévenir cet écueil, la FNI suggère que le réaménagement des attributions entre les différentes professions médicales et paramédicales se fasse de manière globale dans un triple souci d’efficience, de cohérence et d’équité et non au coup par coup dans une stratégie de gagne-terrain des uns et des autres qui, au final, s’avérerait contre-productive pour le système de santé.

Bien en amont du HCPP, la FNI travaille  avec la représentation parlementaire saisie du sujet de la réingénierie des diplômes pour apporter des contributions qui visent à étendre le champ d’activité du métier socle. Nous n’avons pas manqué de développer la nécessité d’une approche décloisonnée lors de nos différentes auditions.

Une prédominance des cours magistraux théoriques aux dépens de la pratique

A noter, enfin, que la FNI milite dans le même temps pour un sérieux toilettage des contenus du DE d’infirmier. A ses yeux, « la réforme de la formation initiale telle qu’elle a été mise en œuvre n’a pas véritablement répondu aux attentes de la profession ». En cause, une architecture qui n’a pas pris la mesure de la dimension experte de la profession ni de la nécessité d’assurer un haut niveau de formation pour accompagner l’évolution des pratiques infirmières. Outre « une réelle intégration universitaire de la formation pourra apporter une réponse globale et cohérente qui ne dénaturerait en rien l’aspect spécifique et professionnalisant de la filière », la Fédération souhaite que les pratiques de l’infirmier libéral qui s’apparentent aux pratiques d’une infirmière clinicienne soient enfin reconnues comme relevant d’un niveau master. Sans compter, parmi les lacunes qu’il faudra combler, l’insuffisance des enseignements qui ont trait au traitement des plaies chroniques et des pansements modernes ou encore, la prédominance des cours magistraux théoriques aux dépens de la pratique.

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